Affaire Yamin:
la peur ne fait pas loi, la mobilisation paie! 27 janvier 2026

Au nom de Dieu, le Tout Clément, le Tout Miséricordieux ; Au nom de Celui dont la Justice et au-dessus de toutes les justices; Au nom de Celui dont l’attribut est Vérité au-dessus de toutes les vérités; Au nom de Celui qui donne et qui reprend.

 

Communiqué des Editions Tawhid:

Ce lundi 26 janvier 2026 à 14h, au Tribunal judiciaire de Lyon, le délibéré dans l’affaire visant Yamin, ex-gérant des Éditions Tawhid , a été rendu. À l’issue d’un procès contradictoire long et approfondi, le tribunal a retenu les nullités soulevées par la défense, entraînant l’annulation de la procédure pour apologie du terrorisme et la fin de l’action publique sur ce chef.

Ce résultat n’est pas le fruit du hasard. Il est le produit d’une mobilisation militante, médiatique et populaire déterminée, qui a imposé un rapport de force rendant impossible toute poursuite floue, arbitraire ou instrumentalisée.

Dans un contexte où l’infraction d’apologie du terrorisme est de plus en plus utilisée pour intimider et faire taire des voix militantes, cette décision rappelle une vérité essentielle: le droit pénal n’est pas un instrument politique et la peur ne fait pas loi.

Cette victoire n’est pas seulement celle de Yamin. Elle est celle des Éditions Tawhid et de toutes celles et ceux qui subissent pressions administratives, menaces judiciaires et répression policière. Elle affirme une chose simple: l’intimidation n’est pas la justice, et la mobilisation citoyenne n’est pas un crime.

Au fil de la procédure, le ministère public a multiplié les accusations. L’accusation d’appel à la haine n’a même pas été jugée: les faits datant de 2022, ils étaient prescrits (prescription d’un an). Yamin a également été poursuivi pour atteinte à l’intégrité des personnes pour avoir affiché des images d’enfants de Gaza tués ou blessés. Sur ce point, le tribunal a prononcé une relaxe complète, rappelant qu’on ne peut invoquer une atteinte à l’intégrité lorsqu’il s’agit de dénoncer des crimes de guerre. Cette relaxe marque un désaveu clair d’une tentative de criminalisation de la dénonciation du génocide en cours à Gaza.

Depuis sept mois, Yamin subit en outre un gel total de ses avoirs, l’empêchant de régler ses dépenses les plus élémentaires sans autorisation de la direction du Trésor. Les Éditions Tawhid , bien waqf appartenant à la communauté, existant depuis plus de trente ans, sont elles aussi soumises à un gel économique, les empêchant de payer leurs fournisseurs malgré leur capacité financière. L’objectif est clair: asphyxier économiquement et provoquer un dépôt de bilan forcé.

Nous ne sommes pas face à une simple procédure administrative, mais à une stratégie de neutralisation politique et économique visant des institutions intellectuelles et éducatives de l’Islam de France.

Ce harcèlement s’explique par le double engagement de Yamin: au sein d’une communauté musulmane française en construction, autonome et consciente; au sein de la militance pro-palestinienne, dénonçant le génocide à Gaza et la complicité de l’État français. Ses prises de position contre le racisme d’État, les politiques d’exception et les dérives autoritaires ont fait de lui une cible. Le dossier judiciaire n’en a été que le prétexte.

Ce qui s’est joué dépasse largement le cas de Yamin. La mobilisation a démontré qu’un contre-pouvoir populaire, construit au-delà des appartenances, peut faire reculer l’arbitraire.

Ce communiqué s’adresse à toutes celles et ceux qui se taisent aujourd’hui par peur. Cette affaire le montre: la peur n’est pas une fatalité. L’immobilisme est l’arme de l’arbitraire; la mobilisation, au contraire, le désarme.

Ce jugement n’achève rien. Il ouvre un chemin, inshallah. Il rappelle que s’organiser, documenter, médiatiser et résister juridiquement fonctionne. Il appelle chacune et chacun à refuser l’auto-censure et à continuer à s’engager, lucidement et collectivement, pour la justice et la dignité humaine.

Quand les citoyens s’organisent, l’arbitraire recule.
Cette victoire collective en est la preuve, par la grâce de Dieu.

Lyon, le 27 janvier 2026

 


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